Les hommes tombent de la Lune

KOSMOS, Crédit : Djamel Dine Zitout

Suite à « SAINT-MERRI », Lyson et son Spoken word, spiritualise à nouveau le désir. Avec Kosmos, elle nous invite à plonger dans le corps d’un homme, elle pénètre sa peau devenue une voie lactée, un microcosme.

Ce voyage cosmique est mis en musique par Moshé O’Grady, ses notes tenues, sa résonance harmonique et son développement lent, rendent hommage aux maîtres du minimalisme primaire.

Leur rencontre hypnotisante met en lumière une poésie rock et charnelle.

KOSMOS


 

Une femme marche, rue Galilée. La pointe du pied se déplie, l’astragale et le talon perché haut. Elle est suivie de liberté, d’un écho. A la fenêtre, je sens l’odeur de ses cheveux, elle secoue des souvenirs dans l’air.

L’horizon laisse dans ma chambre tombée la nuit. Le lit accueille un homme, le dos recouvert à demi, j’aime son élégance nue. Les grains de beauté constellent son corps érotique. L’épaule est gravée d’Andromède et Prométhée.

Les nævus mélanocytaire deviennent un système solaire. Son corps est moucheté d’étoiles fragiles, d’un plasma volatile. Sa cuisse brûlée par Céphée, dans son cou le feu de Cassiopée. Aspirée par son champ magnétique, je plonge dans sa zone épidermique.

Je pars pour baiser le plus précieux des amants, j’égare mes yeux et mes pas pour re-mourir dans ses bras. La chute est lente, dans un halo violet, je pénètre sa peau. Je glisse le long de ses artères ; une forêt où se dresse un mirador.

Il éclaire un lac, une eau trouble et chaude, une lymphe opaque. J’y trempe le pied et mon corps immergé dans ses limbes, il devient une voûte céleste, criblée de météores.

Deux galaxies s’entrechoquent créatures vaporeuses attelage baroque. Leur attirance est une vague de marée, elles arrachent leurs gaz déshabillées.

Ce qu’il me faut c’est un amour qui brûle c’est ta lèvre d’où surgit le songe. Si tu pouvais percevoir tout c’que je sens tout ce que je vois. Ma conscience voyage dans ton corps, il y a dedans des océans dont les vents me portent où l’espace est plus absolu. Ça sent les essences fruitées la terre humide ta peau. Je respire bleu.

Dans l’aube topaze, fils de Gorgone, dieu des tempêtes Pégase vole vers l’élévation. Je saisis l’encolure, courir vers l’horizon et comprendre l’inexpliqué.

Sous des nuages, jaunes, un rapace tournoie dans le ciel abyssal. Le cheval de Pirenne trotte sur les steppes. Son allure altière, mes doigts dans sa crinière, sa cadence saccadée galope vers l’Asie mineure, je monte en amazone.Ses naseaux parlent en langue cheval, il dit tout savoir ; l’éther et la lumière. Il hennit vers l’invisible et les passions percent l’infini.

Sous les sabots ailés, le sol de chair se dérobe, Je suis expulsée. Pégase implose. Il disparaît en étoiles, un lézard, un cygne, un renard. Elle embrase l’atmosphère sous sa beauté, sous sa lumière, dansons encore, nous rêveurs mélancoliques.

Ici le musc domine, fruits sauvages, feuilles trempées, semence solaires. Ton souffle un vent stellaire, déchaîné, déchirant, dissolvant. Provoque mes marées, mes vertus, mon ramadan. Ton visage une sphère céleste, tes yeux solaire et lunaire. Tu es un microcosme, je nage dans ton tout.

Et les trois parques dansent elles filent le temps entre leurs doigts. Dans cette main tendue, élégante, blanche, spirituelle, surgit la vision de l’unité entre chair et sacralité. Elle me conduit vers la source d’Hippocrène.

Près de la source se dresse un cyprès blanc. Des lamelles d’or voltigent, m’indiquent une issue, une cachette, une bouche. Je pénètre l’ouverture distendue. La brèche se dilate, s’exerce,se contracte, accroît mon rythme cardiaque. La pluie inonde le conduit, des tensions ouvrent ce terrier, des émotions liquides, des baisers. Je sens une plaie s’ouvrir, se déchirer, la matière souffrir. Je me retourne dans la galerie, aux murs gluants, palpitants. Je quitte un monde bleu dans du rouge sang.

J’ouvre les yeux, je pense à un rêve étrange. Mon corps est imbibé de matière visqueuse, de lambeaux célestes, de grumeaux organiques, de chairs lumineuses. L’eau débarrasse mes yeux, je peux voir les débris somatiques, par le siphon aspirés.

Sur les boulevards, je cherche le ciel. La pyramide pointe l’éden, Montmartre veut l’ascension. L’ange tente son envol, indéfiniment. Les fontaines crèvent le ciel, retombent en pluie lourde. La ville s’éternise, Paris demeure terrienne.

Regard vers le haut, déclaration céleste, sur les routes azurées, on s’élance d’une étoile pour aller vers une autre.

Vidéos

Réalisation : BenLx, Léo
Montage : Valentin Thénot
Son : Robin Droux
fév.2017

Réalisation/Montage : Lyson Leclercq
nov.2016

L´Equipe

Lyson Leclercq
Lyson Leclercq

Textes, voix, conception

Moshé O'Grady
Moshé O’Grady

Guitare, composition

Lyson Leclercq
Lyson Leclercq

Textes, voix, conception

Moshé O'Grady
Moshé O’Grady

Guitare, composition